L’opposition entre « gauche de rupture » et « gauche de gouvernement », sur le thème des « gauches irréconciliables », n’est pas sans rappeler les confrontations passées entre mouvements révolutionnaires et mouvements réformistes. Pour autant, il est plutôt question aujourd’hui de divergences entre partis politiques plus ou moins radicaux face au néolibéralisme qui se mettent en concurrence au sein du jeu électoral.
De fait, l’enjeu se situe entre la rupture, la discussion ou la négociation avec les partis et les institutions qui portent les politiques néolibérales et qui déconstruisent les fondements politiques, économiques et démocratiques de l’état social.
En France, face au mouvement de droitisation que l’on retrouve dans l’ensemble des pays occidentaux, la France insoumise a su imposer une résistance notable contre les logiques d’accompagnement du néolibéralisme que le parti socialiste a incarnées depuis 1984. Cela a permis aux alliances de gauche et écologistes de la NUPES et du NFP d’inscrire la rupture avec le néolibéralisme et la taxation des plus riches dans leurs programmes lors des deux dernières élections législatives.
Pour autant, en vue des prochaines élections présidentielles, la volonté des partis de gauche de se démarquer les uns des autres met directement en péril cette alliance pourtant indispensable pour faire barrage à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
Si nous voulons donc éviter de plonger dans la dérive fasciste qui se prépare, il semble essentiel de chercher comment faire une nouvelle fois front commun.
Aucune nouvelle alliance ne pouvant se construire sans projet politique partagé, au delà des volontés de rupture des uns et de compromis des autres, nous souhaitons faire valoir la nécessité de nous accorder sur le projet d’alternative écologique, sociale et démocratique que nous devons mettre en œuvre pour répondre aux besoins sociaux et aux impératifs écologiques. Il s’agit aussi de s’accorder sur les étapes nécessaires pour y parvenir.
Dans cette perspective, nous invitons les partis politiques de gauche et écologistes à organiser, avec les organisations citoyennes et syndicales, un travail collectif visant à élaborer un projet véritablement alternatif face au néolibéralisme et aux idées d’extrême droite, qui soit fédérateur et porteur d’espoir aujourd’hui et pour les générations futures. Ce projet étant à concevoir comme un objectif vers lequel tendre, ce travail d’élaboration devrait aussi s’attacher à définir les objectifs stratégiques à atteindre et les moyens à mettre en œuvre pour aboutir à la concrétisation de nos objectifs communs.
Souhaitant participer à ce travail, nous soumettons nos propositions de démocratie sociale écologique référée à la théorie du Donut comme piste de réflexion et comme trame possible de construction du projet commun à élaborer.
