
Julia Steinberger est chercheuse en économie écologique et militante politique.
Elle est auteure principale du 3e groupe de travail du GIEC et professeure d’économie écologique à l’Université de Lausanne. Elle a mené le projet LILI « Living Well Within Limits » (bien vivre à l’intérieur des limites planétaires) et co-dirige un important projet de recherche sur la post-croissance, le REAL, pour un « deal post-croissance ».
Militante pour la décroissance, elle s’est engagée dans le mouvement Extinction Rebellion dès les premières grèves du climat.
A la suite du programme LILI et au sein du projet REAL co-dirigé par Julia Steinberger, une trentaine de chercheuses et chercheurs de la post-croissance travaillent actuellement à la définition d’un modèle économique, écologique, social et démocratique, alternatif au capitalisme, qui pourrait permettre à l’humanité de relever les défis planétaires des prochaines décennies.
Voir une conférence de Julia Steinberger suite au programme LILI en 2023 « Bien vivre à l’intérieur des limites planétaires : est-ce possible ? Et comment ? »
Les chercheur·euses du REAL étudient les systèmes de production et d’approvisionnement tels qu’ils sont mis en œuvre au sein du système capitaliste, et identifient les liens systémiques entre capitalisme, recherche de profit, exploitation et destruction des écosystèmes et dépassement des limites planétaires.
Traduction de l’article du REAL dans « The lancet » accessible ici
A partir de l’étude critique du système capitaliste, et des études montrant qu’il serait possible de répondre aux besoins sociaux essentiels de la population à l’échelle mondiale en respectant les limites planétaires, ils et elles travaillent à l’élaboration d’un modèle de post-croissance, économiquement viable, socialement juste et écologiquement salutaire.
Ils et elles travaillent aussi sur les stratégies politiques et les transitions nécessaires qui permettraient d’aboutir à la mise en œuvre de ce modèle de post-croissance.
Un axe important de leur travail concerne la nécessité de développer la « démocratie économique » pour soutenir l’adhésion de la population au projet de post-croissance. Cette « démocratie économique » implique notamment la mise en place d’instances de décision citoyennes déterminant les orientations et les choix économiques.
Traduction de l’article dont Julia Steinberger est coautrice publié en septembre 2024
Afin de pouvoir envisager le financement d’un tel projet de transformation écologique, sociale et économique, les chercheur·euses du REAL étudient aussi comment la Théorie moderne de la monnaie pourrait ouvrir la voie à une création monétaire sans dette à la hauteur des besoins sans être artificiellement limitée par la doctrine économique classique.
Traduction de l’article publié dans le cadre du projet REAL sur « Décroissance et Théorie moderne de la monnaie »
L’ensemble de ces travaux donnent des fondements théoriques forts sur lesquels l’association « Démocratie sociale écologique » et l’ensemble des mouvements pour la justice sociale et écologique pourraient s’appuyer pour étayer leurs propositions.
Cela remet à l’ordre du jour notre volonté de participer à un travail de réflexion et d’élaboration collective qui associerait des économistes, des scientifiques, des acteur·ices de l’ESS et du réseau associatif et des militant·es citoyen·nes, syndicalistes et politiques en vue de définir vers quel modèle économique, écologique, social et démocratique nous pourrions nous engager avec nos partenaires de gauche et écologistes pour tenter de relever les défis du 21e siècle.
> Voir aussi l’article de Elena Hofferberth, professeure à l’université de Lausanne comme Julia Steinberger, qui présente un cadre théorique d’analyse du système capitaliste prêt à être utilisé par les chercheur·euses post-croissance : « L’économie post-croissance comme guide de changement systémique »