Régie communale agricole et restauration collective en régie municipale

Conformément à la loi EGALIM, le 1er janvier 2022 la restauration collective publique devait être approvisionnée par au moins 50 % de produits locaux dont 20 % de produits bio.

Même si les surfaces en agriculture paysanne ou cultivées en bio sont variables selon les territoires, le manque de fournisseurs locaux et bio pour couvrir les besoins dictés par la loi EGALIM est une réalité un peu partout en France.

Par ailleurs, de nombreux maraîchers ne souhaitent pas travailler avec la restauration collective pour plusieurs raisons : fréquence des livraisons, respects des volumes et des calibrages, calendriers scolaires inadaptés à la production (vacances estivales) ou encore faibles capacités financières des collectivités.

Partant de ces constats et avec l’envie de fournir une alimentation locale et de qualité aux citoyens, plusieurs communes ont innové en créant une régie communale agricole, sur le modèle des régies communales concernant l’eau et l’assainissement.


Mouans-Sartoux est considérée comme la pionnière en matière de régie communale agricole. Avec plus de 9 000 habitants, la municipalité a décidé, dès 2010, de fournir une alimentation bio et locale aux élèves des cantines scolaires. Aujourd’hui, la régie embauche trois agents et permet de produire 25 tonnes de légumes bio par an qui alimentent à 85 % les cantines des trois écoles ainsi que les crèches soit l’équivalent de 1 000 repas servis par jour. Selon Gilles Pérole, adjoint à l’enfance, « ce n’est qu’une affaire de volonté politique ». Il ajoute « on arrive à avoir une cantine 100 % bio sans dépenser plus, on gaspille moins donc on achète moins ».



Plus récemment, la ville de Vannes vient de créer sa régie communale en maraîchage bio. Depuis plusieurs années, la ville a développé une véritable politique concernant la qualité de l’alimentation dans les établissements scolaires. Elle a décidé d’aller encore plus loin en créant une régie communale agricole. Accompagné par le Groupement des Agriculteurs Biologiques du Morbihan (GAB 56), la ville de Vannes a réalisé une étude de faisabilité sur des parcelles inexploitées et elle a embauché un maraîcher qui a intégré le service Espaces Verts de la ville. Avec une surface d’un hectare, la régie aura pour objectif d’approvisionner en fruits et légumes les crèches municipales de la ville soit environ 340 repas par jour. Les
deux premières années permettront progressivement de développer le projet qui devrait atteindre la pleine capacité pour 2021.

Au-delà de la production de légumes bio, tous les acteurs sont unanimes pour reconnaître les externalités positives d’une régie communale agricole sur le territoire. A Mouans-Sartoux, les enseignants ont développé un programme éducatif autour du « bien-manger ». Les temps d’activité périscolaire sont consacrés à la réalisation de cours de cuisine et les familles reçoivent régulièrement des idées de recettes qui permettent de respecter l’équilibre alimentaire de l’enfant. Résultats ? « Nous avons réalisé deux études
qui montrent que 85 % des parents ont modifié leurs habitudes alimentaires à la maison » indique Gille Pérole.

A Vannes, un travail sera également réalisé avec les jeunes enfants sur l’apprentissage du goût et l’éveil des sens. Quant aux surplus, ils seront distribués à l’épicerie solidaire de Vannes. Au-delà, ce projet permettra de fédérer les agents et les élus de la ville autour d’un projet à fortes valeurs environnementale, sociale et économique.

La reprise en régie de la restauration collective des écoles d’Avranches dans la Manche a été décidé par la municipalité en 2021.
Le choix a été fait de maîtriser ce que mangent les enfants, les jeunes et nos aînés, du mode de production au service dans l’assiette, en cuisinant sur place des produits sains, diversifiés, équilibrés, majoritairement locaux et biologiques.
Tous les midis, le service restauration organise sur 4 sites scolaires (Camille Claudel, André Parisy, Jacques Prévert et Pierre Mendès-France) les repas pour 750 enfants des classes élémentaires et maternelles. Les plus jeunes sont servis à table alors que les repas des plus grands sont distribués au self, pour les écoles d’Avranches.
Avec pour objectif de basculer la restauration collective des écoles et autres sites concernés dès janvier 2022, cette reprise en régie municipale est appuyée sur le Projet Alimentaire Territorial (PAT) engagé par la Communauté d’agglomération Mont Saint-Michel – Normandie pour la fourniture de produits frais issus de filières locale.

À Villeurbanne, le collège Gilbert Chabroux, ouvert depuis la rentrée 2022, fait partie des trois collèges de la Métropole de Lyon dont le service restauration est en régie municipale. La priorité, c’est le fait maison en respectant les objectifs de l’exécutif métropolitain, notamment en matière d’achats bio et locaux, d’offre végétarienne et de lutte contre le gaspillage alimentaire. La haute qualité dans l’assiette conduit à une réelle satisfaction des convives.

Le Grand Lyon est en charge de 79 collèges publics pour 45 508 collégiens. 74 de ces collèges possèdent une cantine. 24 000 demi-pensionnaire les fréquentent quotidiennement. 24 cantines sont gérées sous la forme de délégations de service public (DSP), les 48 autres fonctionnent en régie.